
Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. En cas de symptômes inhabituels après votre extraction, consultez immédiatement votre chirurgien-dentiste.
Sophie, 42 ans, pensait bien faire. Le lendemain de son extraction de dent de sagesse, elle reprend un déjeuner d’affaires avec café chaud et mastication côté opéré. Résultat : saignement repris, douleur intense, consultation en urgence à J+2. Pose d’une mèche hémostatique, antibiotiques, trois jours d’arrêt supplémentaires. Son erreur ? Ignorer le calendrier précis des 48 premières heures.
L’alvéolite dentaire touche 2 à 5 % des extractions simples selon une étude de Santé sur le Net (2024). Pour les interventions complexes, ce taux grimpe jusqu’à 35 %. Pourtant, cette complication douloureuse reste évitable dans la grande majorité des cas. Voici le protocole heure par heure pour cicatriser vite et sans accroc.
Dans cet article
Les 48 premières heures : le calendrier heure par heure
Les premières heures après l’extraction déterminent la qualité de votre cicatrisation. Le caillot sanguin qui se forme dans l’alvéole vide joue un rôle protecteur essentiel. Le déloger, c’est ouvrir la porte à l’alvéolite sèche. Chaque geste compte.

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Mordre sur compresse, formation du caillot sanguin -
Consolidation du caillot, repos strict, alimentation froide uniquement -
Début bain de bouche doux, reprise alimentation tiède -
Reprise brossage zone opérée, cicatrisation muqueuse visible -
Fermeture de la gencive, reprise activités normales -
Cicatrisation osseuse progressive en profondeur
De H+0 à H+2 : protéger le caillot sanguin
Dès la fin de l’intervention, votre dentiste place une compresse stérile sur la zone. Mordez fermement dessus pendant minimum. C’est non négociable. Cette pression favorise la formation du caillot qui va combler l’alvéole et protéger l’os sous-jacent.
Selon les recommandations HAS avril 2024, la compression sur compresse maintenue entre les arcades constitue le protocole standard post-extraction. Évitez de parler, de cracher ou de toucher la zone avec la langue. Gardez la tête légèrement surélevée.
Appliquez une poche de glace enveloppée dans un linge sur la joue ( par heure). Le froid limite l’œdème et soulage la douleur naissante à mesure que l’anesthésie se dissipe. Attention : jamais de glace directement sur la peau.
De H+2 à H+24 : les interdits absolus
Cette période reste critique. Le caillot est encore fragile. Tout ce qui crée une aspiration ou un flux dans la bouche menace sa stabilité.
Évitez strictement : boire avec une paille (effet ventouse), fumer (la nicotine et l’aspiration délogent le caillot), cracher vigoureusement, rincer la bouche, consommer des boissons chaudes ou de l’alcool. Les aliments doivent être froids ou tièdes, mous, et mastiqués du côté opposé.
En pratique clinique, les patients qui cicatrisent le mieux sont ceux qui respectent scrupuleusement ces 24 premières heures de « quarantaine buccale ». Repos physique, tête surélevée, alimentation adaptée. C’est tout.
Alimentation et hygiène : ce que vous pouvez faire (et ce qui est interdit)
Contrairement à une idée reçue, vous pouvez manger après une extraction. Le problème n’est pas l’alimentation en soi, mais le type d’aliments et leur température. Votre bouche n’est pas en convalescence totale : elle a besoin de nutriments pour cicatriser.
| Période | Aliments autorisés | Aliments interdits |
|---|---|---|
| J+0 (jour extraction) | Yaourt froid, compote, glace, soupe froide | Café chaud, alcool, aliments à mâcher |
| J+1 à J+3 | Purées tièdes, œufs brouillés, poisson émietté | Croûtes de pain, chips, noix, épices fortes |
| J+4 à J+7 | Pâtes bien cuites, viande hachée, légumes cuits | Aliments qui s’effritent (biscuits secs) |
| Après J+7 | Reprise progressive alimentation normale | Prudence avec aliments très durs |

Quand et comment reprendre le brossage
Ne suspendez pas votre hygiène buccale. Les recommandations HAS préconisent un brossage avec brosse souple en évitant la zone d’intervention. Dès le soir de l’extraction, brossez les autres dents normalement.
À partir de J+3, vous pouvez reprendre un brossage doux de la zone opérée. Utilisez une brosse à poils souples, effectuez des mouvements verticaux délicats, sans appuyer. Pour un suivi personnalisé ou des questions sur votre cicatrisation, le cabinet Elone Clinic – 83, avenue Foch. 75116 Paris reste à votre disposition.
Le bain de bouche : pas avant 24-48h
Voici l’erreur la plus fréquente constatée en cabinet. Beaucoup de patients commencent les rinçages dès le soir de l’intervention, pensant accélérer la guérison. C’est exactement l’inverse qui se produit.
Attention : Un bain de bouche trop précoce peut déloger le caillot sanguin protecteur et provoquer une alvéolite sèche, complication très douloureuse nécessitant un nouveau soin au cabinet. Ce constat peut varier selon les protocoles recommandés par chaque praticien.
Selon les directives SFSCMFCO 2025, évitez les bains de bouche pendant les premières 24 heures. Après ce délai, utilisez un bain de bouche à la chlorhexidine (prescrit par votre dentiste) sans rinçage vigoureux. Laissez le liquide baigner la zone, puis recrachez doucement. Pas de gargarisme énergique.
Les 5 erreurs qui rallongent votre cicatrisation :
- Bain de bouche dans les 24 premières heures
- Aspiration avec une paille (effet ventouse sur le caillot)
- Tabac dans les 48-72 heures
- Aliments chauds le jour de l’extraction
- Sport intense avant J+3
Douleur, saignement, gonflement : distinguer normal et alarmant
5 à 35 % des patients développent une complication selon le type d’extraction, d’après les données de Santé sur le Net (2024). La difficulté ? Savoir quand un symptôme relève de l’évolution normale ou nécessite une consultation. Voici des critères objectifs pour trancher.

Évolution normale après extraction :
- Saignement léger (suintement rosé) les 24 premières heures
- Douleur modérée à J+1, diminuant progressivement
- Gonflement maximal à J+2 ou J+3, puis régression
- Hématome jaunâtre sur la joue (sans gravité)
La douleur postopératoire reste gérable avec le traitement prescrit. Selon le protocole L’Information Dentaire, le paracétamol constitue l’antalgique de première intention. Prenez-le à heures régulières les deux premiers jours, sans attendre que la douleur s’installe.
Dois-je rappeler mon dentiste ? L’arbre de décision
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Saignement abondant malgré compression > 2 heures :
Appelez votre dentiste ou le service d’urgences dentaires. Ce n’est pas normal.
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Douleur croissante à partir de J+3 (au lieu de diminuer) :
Suspicion d’alvéolite sèche. Consultation dans les 24-48h recommandée.
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Fièvre supérieure à 38,5°C :
Signe possible d’infection. Consultez rapidement.
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Goût ou odeur désagréable persistant après J+3 :
Possibilité d’infection locale. Prenez rendez-vous.
L’œdème qui augmente les premiers jours est attendu. C’est la réaction inflammatoire normale. Si vous observez des symptômes persistants au-delà de J+5 ou qui s’aggravent, consultez notre guide sur les signes d’infection après extraction pour savoir quand agir.
Sur le terrain, la réalité est simple : une douleur qui diminue chaque jour est rassurante. Une douleur qui repart à la hausse après J+2 ou J+3 mérite un appel au cabinet. Mieux vaut une fausse alerte qu’une alvéolite non traitée.
Questions fréquentes après une extraction dentaire
Vous venez de rentrer chez vous, compresse en bouche, et les questions affluent. Peut-on fumer ? Travailler demain ? Faire du sport ce week-end ? Voici les réponses aux interrogations les plus courantes.
Vos questions après extraction dentaire
Quand puis-je fumer après une extraction dentaire ?
Attendez au minimum 48 à 72 heures, idéalement une semaine complète. Le tabac multiplie significativement le risque d’alvéolite sèche par son effet vasoconstricteur et l’aspiration lors de la bouffée. L’erreur la plus fréquente ? « Juste une cigarette » le soir même.
Combien de temps dure la douleur après extraction ?
La douleur est généralement maximale le soir de l’intervention (quand l’anesthésie se dissipe) et les 24-48 premières heures. Elle diminue ensuite progressivement sur 3 à 5 jours. Si elle augmente après J+3, consultez.
Puis-je travailler le lendemain d’une extraction ?
Pour une extraction simple, la reprise est souvent possible dès J+1 si votre travail est sédentaire. Pour une extraction chirurgicale (dent de sagesse incluse), prévoyez 2-3 jours de repos. Évitez les métiers physiques ou exposés à la poussière avant J+3.
Quand reprendre le sport après extraction dentaire ?
Évitez toute activité physique intense pendant 48 à 72 heures minimum. L’effort augmente la pression sanguine et peut relancer le saignement ou déloger le caillot. Marche douce autorisée dès J+1, sport modéré à partir de J+4, sport intense après J+7.
L’aspirine est-elle interdite après extraction ?
L’aspirine et les anti-inflammatoires type ibuprofène peuvent augmenter le risque de saignement. Selon les recommandations professionnelles, le paracétamol reste l’antalgique de première intention. Respectez la prescription de votre dentiste.
Vous vous interrogez sur le coût d’une visite de contrôle post-extraction ? Consultez notre page sur les tarifs consultation chez le dentiste.
Votre plan d’action pour les 48 prochaines heures
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Maintenir la compression sur compresse 30-60 minutes
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Appliquer la poche de glace 15 min/heure pendant 6 heures
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Prendre le paracétamol prescrit à heures régulières
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Manger froid et mou côté opposé uniquement
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Attendre 24-48h avant le premier bain de bouche doux
Limites et précautions
Ces conseils généraux ne remplacent pas les consignes personnalisées de votre chirurgien-dentiste. Les délais de cicatrisation varient selon votre état de santé général et le type d’extraction réalisée. Certaines situations médicales (diabète, traitement anticoagulant) nécessitent un protocole spécifique.
Risques explicites : risque d’alvéolite sèche si le caillot sanguin est délogé dans les 48-72 premières heures ; risque d’infection si les consignes d’hygiène buccale ne sont pas respectées ; risque hémorragique si reprise trop précoce d’activité physique intense.
En cas de doute, contactez votre chirurgien-dentiste ou le service d’urgences dentaires.